Un show très bien rodé
Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal
05-09-2007 | 06h39
Pas facile de briser le moule d'une image marquée par des rôles comme Lizzie Maguire et Cendrillon. Hier soir, Hilary Duff a montré qu'elle n'était plus une enfant ni encore une femme, mais une artiste sérieuse qui veut faire lever les foules. Elle a réussi et a succombé au charme de Montréal, faisant même de beaux efforts pour s'adresser à ses fans en français.
Il était 20h30 dans l'amphithéâtre du Centre Bell quand les lumières se sont éteintes. Sept mille sept cents fans, la plupart des jeunes filles âgées de 5 à 15 ans, se sont mis à hurler. Plus elles sont jeunes, plus ça crie fort!
Hilary Duff, l'idole des jeunes, celle qui a vendu 13 millions d'album à ce jour, venait d'apparaître sur scène au sommet d'un escalier au milieu des stroboscopes. Un gros beat techno à faire vibrer le thorax annonçait la chanson Play With Fire. La foule était déjà debout. Les glowsticks brillaient comme des lucioles.
Générosité
Disons-le d'emblée, la comédienne-chanteuse a offert un spectacle généreux: 22 chansons réparties sur une heure trente de spectacle.
Un spectacle enlevé pour ses fans, mais les autres l'ont sans doute trouvé plutôt statique. On sent que tout est calculé et peu authentique. Les chansons s'enchaînent comme sur un disque. Il doit se produire à peu près la même chose dans chaque ville de cette tournée Dignity, qui a débuté le 28 juillet. «Je veux juste dire que c'était le plus beau show de ma tournée», a-t-elle dit à la fin. On peut la croire ou non.
Pour un spectacle pop-dance à saveur rock et électro, on aurait apprécié une mise en scène plus éclatée. Les tableaux se suivent et se ressemblent. Hilary bouge peu, difficile alors de remplir l'espace par sa seule présence (des écrans sur les côtés auraient permis de mieux la voir). À moins que ce ne soit par la voix. La sienne est très jolie bien sûr, mais encore jeune. Qu'importe, ses chansons sont entraînantes, positives et ses fans n'y ont vu que du feu.
Dans Dignity, son 4e et plus récent album (rappelons qu'elle n'a que 19 ans, une carrière au cinéma bien remplie et une ligne de vêtements), elle nous parle de sa rupture avec le rockeur Joel Madden (parti dans les bras maigrichons de Nicole Ritchie). Ça s'intitule Stranger et elle a gardé le tube pour la fin.
Signe de sa métamorphose, Hilary s'affirme de plus en plus. Elle se moque des travers de starlettes de Hollywood comme Paris Hilton dans la chanson Dignity. Sur l'écran du fond, des images de magazines à potins défilent. Belle idée.
Grands succès
Suivent les chansons Gypsy Woman, Someone Watching et Our Lips are Sealed. Elle reprend ensuite un de ses plus grands succès, So Yesterday, en version reggae très efficace. Everything is Gonna Be Alright, emprunte-t-elle à Bob.
Les hits de With Love, Dreamer et Reach Out, les cris l'ont prouvé. Hilary parvient en quelques secondes à se changer, revêtant une robe à paillettes argentées.
Avant Wake up, elle s'adresse aux jeunes et leur dit de ne pas se laisser abattre par ceux qui leur mettent des bâtons dans les roues. Un beau message.
Pas facile, en 2007, de se démarquer des Avril, Britney, Ashlee, Paris et Lindsay, qui nous servent toutes le même combo pop bonbon et voix formatée. Hilary fait dans le même registre. Elle a au moins le mérite d'écrire elle-même ses chansons, de ne pas la jouer aguicheuse (son visage de pub Lancôme fait la job!) et offre un modèle positif aux jeunes. En espérant qu'elle ne prenne pas le chemin de la rehab elle aussi...
Après le spectacle, on l'attendait au Time Supper Club, où elle était l'hôte de la soirée.
Elle sera sur scène ce soir à Ottawa et à Toronto le 6 septembre.

